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    <title>Sens Commun</title>
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    <title>---- r§®§6rr6®§ r§ ---- </title>
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    <published>2009-09-26T21:31:12Z</published>
    <updated>2009-09-26T22:46:10Z</updated>

    <summary>Oui, je le vois bien, ce n&apos;est pas très explicite comme titre pour un billet de blog et la probabilité que des gens le trouvent via Google ne doit pas être beaucoup plus élévée que de trouver des petits hommes...</summary>
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        <name>Michel Cadennes</name>
        
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        <![CDATA[<p>Oui, je le vois bien, ce n'est pas très explicite comme titre pour un billet de blog et la probabilité que des gens le trouvent via Google ne doit pas être beaucoup plus élévée que de trouver des petits hommes verts sur Mars.</p><p>Mais quand <a href="http://www.ubu.com/film/jodi_osx.html">U B U W E B</a> diffuse une œuvre de JODI, difficile de se priver du plaisir de relayer l'information.</p>
<div><embed src="http://ubu.artmob.ca/video/flash/player-viral.swf" height="336" width="560" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" flashvars="file=http%3A%2F%2Fubu.artmob.ca%2Fvideo%2Fflash%2FJODI_OSX-Tiger-Desktop-Live_2005.flv&amp;plugins=viral-1d"></div>
<p>JODI, pour ceux qui ne connaissent pas, est un duo belgo-hollandais, disciple de Nam June Paik notamment, qui a d'emblée réussi une vériable « poésie du code ». C'est-à-dire non pas des programmes qui produisent des œuvres d'art (comme l'imagerie 3D par exemple) mais vraiment du code qui s'expose comme code.</p><p>Un peu corsaires sur les bords, ils n'aiment rien tant que la furtivité que procure la grande toile aux canards (non, non... &nbsp;ce n'est pas une allusion à XHTML 2) &nbsp;et s'invitent en général chez vous pour vous faire regretter votre curiosité. Ainsi, on les a vu construire un site dont l'unique fonction était de créer de nouvelles fenêtres qui se déplaçaient à toute allure sur votre écran, prolifération quasiment irrépressible, sauf à tuer votre navigateur. C'est à la suite de ce genre d'exploit qu'ils avaient été virés par leur hébergeur.</p><p>Couleurs saturées, labyrinthes de liens, détournement des logiques interactives, JODI, né avec le web, a depuis 15 ans joué avec le code, donnant à voir quelque chose de fondamentalement absurde (contrairement à beaucoup d'artistes engagés dans des démarches dites « génératives ») qui interrompt ce que -- déjà -- nous n'interrogeons plus à propos des interfaces de communication. Ce faisant, leurs travaux rejoignent aussi les recherches de « <a href="http://hypermedia.univ-paris8.fr/Groupe/documents/typo.html">typoésie</a> » ou de poésie sonore à la Chopin (euh... pas Frédéric, plutôt <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Chopin">Henri</a>).</p><p>Dans cette vidéo de 2007 (My Desktop OS X 10.4.7), c'est l'aide vocale du Mac qui est détournée pour créer le rythme musical alors que nous assistons au ballet d'un pointeur devenu autonome (l'apprenti sorcier ?) qui harangue, houspille et torture l'interface jusqu'à ne plus laisser apparaître que l'abstraction du clignotement des pixels.</p><p></p>]]>
        
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    <title>Incalculable</title>
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    <published>2009-09-13T09:21:28Z</published>
    <updated>2009-09-14T10:45:23Z</updated>

    <summary>So on behalf of the British government, and all those who live freely thanks to Alan&apos;s work I am very proud to say: we&apos;re sorry, you deserved so much better.Alan Turing a bien sûr été depuis longtemps réhabilité par l&apos;Histoire...</summary>
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        <name>Michel Cadennes</name>
        
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        <category term="Histoire" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
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        <![CDATA[<blockquote>So on behalf of the British government, and all those who live freely thanks to Alan's work I am very proud to say: we're sorry, you deserved so much better.</blockquote><p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Turing">Alan Turing</a> a bien sûr été depuis longtemps réhabilité par l'Histoire et même la société. Il a ses stautes et ses plaques commémoratives. C'est non seulement un des scientifiques majeurs du XXème siècle (penser à la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Thèse_Church-Turing">Thèse de Church-Turing</a>) mais au-delà de cela, du fait même du caractère tragique de l'injustice qui lui a été faite, c'est une figure qui est chère à bon nombre d'informaticiens (c'est moins le cas d'autres grands esprits comme Gödel, Church, Shannon, etc.). On peut voir quelque fantôme de Socrate dans cette histoire.</p><p>Pour s'être excusé « au nom du gouvernement anglais », et malgré les calculs politiques, on peut donc saluer <a href="http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/politics/gordon-brown/6170112/Gordon-Brown-Im-proud-to-say-sorry-to-a-real-war-hero.html">Gordon Brown</a>.</p><p>Héros de la Seconde Guerre Mondiale, Turing avait été condamné en 1952 à la castration chimique pour homosexualité (lire dans le texte : « indécence répugnante ») et s'est suicidé deux ans plus tard.</p> ]]>
        
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    <title>Corps glorieux</title>
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    <published>2009-03-01T21:30:00Z</published>
    <updated>2009-03-01T22:09:02Z</updated>

    <summary>Découvert ces jours-ci sur site lde l&apos;Office National du Film du Canada, ce magnifique court-métrage de Norman MacLaren, dont je n&apos;avais rien vu depuis très longtemps (une rétrospective à l&apos;Arlequin, si je ne m&apos;abuse, il y a... au moins vingt...</summary>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.sens-commun.org/">
        <![CDATA[<p>Découvert ces jours-ci sur site lde l'Office National du Film du Canada, ce magnifique court-métrage de Norman MacLaren, dont je n'avais rien vu depuis très longtemps (une rétrospective à l'Arlequin, si je ne m'abuse, il y a... au moins vingt ans)</p><p><embed src="http://media1.nfb.ca/medias/flash/ONFflvplayer-gama.swf" width="516" height="337" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" autostart="false" autoplay="false" flashvars="mID=IDOBJ931&amp;width=516&amp;height=337&amp;image=http://media1.nfb.ca/medias/nfb_tube/thumbs_large/2008/658_03WEBBIG2_.jpg&amp;autostart=false&amp;autoplay=false&amp;showWarningMessages=false&amp;streamNotFoundDelay=15&amp;lang=en&amp;getPlaylistOnEnd=true&amp;playlist_id=REL931&amp;embeddedMode=true"></p><p>Sur une chorégraphie un peu désuète (quand même) et une musique roumaine assez étrange et improbable, MacLaren joue avec la lumière et transmue complètement les techniques de décomposition du mouvement telles qu'on les voit d'habitude et très classiquement chez Muybridge et Marey.</p><p>Ce n'est pas non plus Méliès bricolant avec les effets spéciaux pour épater les premiers spectateurs du cinéma naissant.</p><p>Le corps des danseurs (et principalement de la danseuse) est ici progessivement transfiguré par l'emploi d'un noir et blanc qui ne laisse figurer que des courbures. Le début du film est assez conforme à ce qu'on attend chez Norman MacLaren. Travail sur le matériau-image par le redoublement, en surimpression, des prises, avec jeux de symétrie, effets de groupe. Tout cela est très beau, naturellement. Mais c'est véritablement dans la seconde partie qu'on est frappé par cette manière de faire sortir les corps de leurs limites, les transformant en vagues, en faisceaux &amp; cascades de lumière pure. Se liquéfiant puis se recomposant dans un battement de cils.</p><p>C'est magique =:o)&nbsp;</p><p><br /></p>]]>
        
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    <title>Frantz Fanon à propos de l&apos;histoire des peuples</title>
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    <published>2008-07-17T12:37:21Z</published>
    <updated>2008-07-17T13:36:31Z</updated>

    <summary> Le colon fait l&apos;histoire et sait qu&apos;il la fait. Et parce qu&apos;il se réfère constamment à l&apos;histoire de sa métropole, il indique en clair qu&apos;il est ici le prolongement de cette métropole. L&apos;histoire qu&apos;il écrit n&apos;est donc pas l&apos;histoire...</summary>
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        <name>Michel Cadennes</name>
        
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.sens-commun.org/">
        <![CDATA[<blockquote>
  <p>Le colon fait l'histoire et sait qu'il la fait. Et parce qu'il se réfère constamment à l'histoire de sa métropole, il indique en clair qu'il est ici le prolongement de cette métropole. L'histoire qu'il écrit n'est donc pas l'histoire du pays qu'il dépouille mais l'histoire de sa nation en ce quelle écume, viole et affame. L'immobilité à laquelle est condamnée le colonisé ne peut être remise en question que si le colonisé décide de mettre un terme à l'histoire de la colonisation, à l'histoire du pillage pour faire exister l'histoire de la nation, l'histoire de la décolonisation.</p>
</blockquote>

<p>Lu dans « <strong>Les damnés de la terre</strong> » de Frantz Fanon (La Découverte -- p.53), ouvrage paru en 1961, et qui par avance (36 ans !), réfutait les propos de S<em>*</em> à Dakar.</p>

<p>Ouvrage remarquable s'il en est, qui analyse le caractère inéluctable de la violence de la décolonisation, et en premier lieu la violence symbolique (Fanon était psychiatre). Arrive en effet un point où le colonisé ne peut plus cohabiter avec celui qui le nie et se sépare de lui grâce aux outils de la répression policière, le colon. Le rêve du colonisé n'est pas d'être l'égal du colon mais de remplacer le colon. Et ceci ne peut se faire que par l'élimination de ce dernier. </p>

<p>Beau texte où le désir de la libération des peuples se mêle souvent à une lucidité sur le cycle de la violence, la démagogie et le populisme, la récupération par les mouvments nationaux, le maintien du système colonial par marionnettes interposées (M'Ba au Gabon, dit-il). On est très loin d'un texte d'idéologie révolutionnaire. Au contraire, on pénètre au cœur du mécanisme du mépris, qui est encore à l'œuvre aujourd'hui comme l'a si brillamment montré H. Guaino, l'année dernière.  </p>

<p>Le plus inquiétant est le parallèle que l'on peut faire facilement (et peut-être un peu rapidement, j'en conviens) avec la croissance des inégalités. Les colonisés sont aujourd'hui au sein même de nos cités. Et ils ne sont souvent même plus étrangers. ils retent néanmoins colonisés parce qu'on les confine à un statut de « racaille », qu'ils n'ont pour seul droits que de travailler et de consommer et pour seul rêve d'être à la place des vedettes.</p>

<p>On comprend mieux, à lire ce livre, le discours sur la violence et l'« orientation dans la pensée » d'un Badiou. Et la bêtise aveugle, à terme, d'une politique de citadelle en Europe.</p>
]]>
        

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    <title>Contre la « loi Olivennes »</title>
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    <published>2008-06-22T20:55:40Z</published>
    <updated>2008-06-23T18:47:50Z</updated>

    <summary>« Il faut tout changer pour que rien ne change ».

Manifestement, nos génies du disque n&apos;ont pas lu Giuseppe Tommasi di Lampesusa (ni regardé Burt Lancaster, sans doute).
 
Deux ans après la fameuse DADVSI (et après nous avoir gratifiés d&apos;une taxe sur les supports vierges censés compenser les effets du « piratage », ce qu&apos;on oublie soigneusement de nous rappeler), l&apos;industrie du disque remet ça.

Alors que des montagnes des projets innovants ou originaux ont vu le jour comme Deezer, Last.fm, Radionomy, Muxtape, Metamkine, les Concerts à emporter, etc. s&apos;arc-bouter avec autant de constance sur des métiers dont on voit bien qu&apos;ils appartiennent au passé défie l&apos;entendement. Personnellement, je ne verserai pas une larme sur la disparition des « majors ».

Le modèle economique du CD est mort... depuis son avènement ! Comment en effet faire payer ce qui est réplicable à l&apos;infini, instantanément, sans concurrence d&apos;accès aux ressources ? Economie d&apos;abondance...</summary>
    <author>
        <name>Michel Cadennes</name>
        
    </author>
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.sens-commun.org/">
        <![CDATA[<div><span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"><span class="Apple-style-span" style="font-style: normal; "><div><span class="Apple-style-span" style="font-style: italic; ">« Il faut tout changer pour que rien ne change »</span>.</div><div><br /></div><div>Manifestement, nos génies du disque n'ont pas lu Giuseppe Tommasi di Lampesusa (ni regardé Burt Lancaster, sans doute).</div><div> </div>Deux ans après la fameuse DADVSI (et après nous avoir gratifiés d'une taxe sur les supports vierges censés compenser les effets du « piratage », ce qu'on oublie soigneusement de nous rappeler), l'industrie du disque remet ça.<div><br /></div><div><br /></div></span></span></div>]]>
        <![CDATA[Alors que des montagnes des projets innovants ou originaux ont vu le jour comme Deezer, Last.fm, Radionomy, Muxtape, Metamkine, les Concerts à emporter, etc. s'arc-bouter avec autant de constance sur des métiers dont on voit bien qu'ils appartiennent au passé défie l'entendement. Personnellement, je ne verserai pas une larme sur la disparition des « majors ».<br /><div><br /></div><div>Le modèle economique du CD est mort... depuis son avènement ! Comment en effet faire payer ce qui est réplicable à l'infini, instantanément, sans concurrence d'accès aux ressources ? Economie d'abondance...</div><div><br /></div><div>Il y a certainement beaucoup de choses à imaginer et, pour ma part, je verrais bien un retour de la souscription, qui correspond bien à une économie de longue traîne. L'opération Radiohead est une prémisse de ce type d'opérations et je suis persuadé que n'importe quel musicien ou ensemble un peu reconnu demandant à ses fans de soutenir la création d'un nouvel opus aurait du succès. Mais c'est évidemment un autre métier et une autre organisation que la distribution de masse. En matière de littérature, il faut voir le travail extraordinaire mené par François Bon depuis des années et qui a débouché sur <a href="http://www.publie.net" style="text-decoration: underline; ">publie.net</a>, un site de publication de textes courts.</div><div><br /></div><div>Pour connaître quelques compositeurs et musiciens, rares sont ceux qui bénéficient de la manne du disque, et ceux qui gagnent un peu d'argent avec leur musique le doivent à des projets souvent complexes et longs à mener (des résidences, des commandes). Les 52 signataires du JDD constituent une infime minorité de la population des musiciens. On a de la peine à voir certains noms sur la liste, d'ailleurs. Et la présence d'Hallyday achève de décrédibiliser l'appel !! (on croit rêver =:o))</div><div><br /></div><div>La grande majorité des artistes travaille dans un anonymat complet, bien loin de l'image véhiculée par le star-system. Jusqu'où rayonne le nom de l'ensemble Dedalus, du label Hangars Liquides, de Paul Panhuysen, usw. ad libitum... La musique, comme toute pratique créative, reste un artisanat non prédictible. L'industrialisation de la musique avait fini par nous faire croire que le disque -- produit de masse -- était l'essence du travail du musicien. Et quelquefois, il l'est effectivement devenu. Que ce soit pour l'électroacoustique ou pour des groupes de rock (cf. Radiohead, encore), le travail de studio a largement excédé le simple enregistrement (ce serait un autre sujet). Mais le disque n'est pas la musique vivante ! Ce n'est qu'un ersatz. Pour qui aime vraiment la musique (et c'est moins courant qu'on ne le croit), aucun disque ne remplacera l'experience du concert ; et les artistes que l'on n'entend pas sont précisément ceux qui ne vivent (sic) que de leurs cachets et ne sont donc pas concernés par ces malheurs de riches.</div><div> </div><div>Devant le non-sens abyssal de ce projet de loi (et en dehors du fait qu'on nous prend pour des demeurés), on se demande qui peut croire un seul instant à l'efficacité de cette usine à gaz ? Tout l'argumentaire est très bien résumé sur <a href="http://www.laquadraturedunet.org" style="text-decoration: underline; ">La quadrature du Net</a>, dont il faut soutenir l'action.</div><div><br /></div><div>Tout cela ne serait finalement pas si grave, voire risible, si la défense du pré carré ne nous menaçait pas d'une dérive inquiétante vis-à-vis des libertés civiles. Souvenons-nous des dangereux terroristes des maternelles identifés par l'INSERM, de la récente loi Dati. Chacun est de plus en plus considéré comme un criminel en puissance. Il s'agit donc d'un problème éthique grave. Au nom de quoi dois-je accepter que mes échanges (privés) soient surveillés (voire écoutés) en permanence (par des officines privées !) ? Accepter les logiciels espions « pour mon bien » dans mon ordinateur ? Etre fiché par une autorité « indépendante » en dehors du contrôle judiciaire ? Accepter des mesures qui sont désavouées jusqu'au Parlement Européen ? Au point qu'on se demande si les rédacteurs du <a href="http://www.laquadrature.net/files/projet-de-loi-olivennes-version-pre-conseil-etat.pdf" style="text-decoration: underline; ">texte</a> se rendent bien compte dans quel engrenage il mettent le doigt (il est vrai que ce n'est que la troisième série de mesures) </div><div><br /></div><div>Ce geste est peut-être en fait le premier pas vers la fin de la neutralité du réseau, ce qui aurait des effets dramatiques.</div><div><br /></div><div>Progressivement, tout ce qui nous tient ensemble est rogné, s'effrite sous l'effet du miroir aux alouettes du « niveau de vie ». Il y a un côté tragique à voir toute une société prête à abandonner ses libertés conquises et sa solidarité pour pouvoir acheter les fétiches qu'un marketing agressif lui présente comme indispensables. Alors que c'est précisément de cela dont les gens souffrent aujourdhui. De n'avoir plus aucune existence autre que celle de travailleur-consommateur. C'est-à-dire de n'avoir plus rien en propre, leurs talents oblitérés, leur énergie niée. Au-delà des objets. En cela le discours sarkozyste qui place la croissance comme objectif ultime est absolument mortifère.</div><div><br /></div><div>L'accès à la (sous-)culture est un droit. Inscrit dans la charte de l'OMS (qui s'en soucie ?) Le paradoxe veut que notre économie dépendra de plus en plus largement d'accès libres aux sources : documentaires, artistiques, scientifiques, etc. parce que la frontière entre « producteur » et « consommateur » ne cessera d'être de plus en plus floue. Il est essentiel au monde marchand, pour conserver ses rentes, de préserver l'idée que les biens matériels sont extrêmement précieux, alors que leur valeur réelle ne cesse de s'effondrer. On relira les frères Grimm à ce sujet. Mais cela risque fort d'être inutile, voir contre-productif.</div><div><br /></div><div>Sans doute sortons-nous (péniblement) de l'ère des génies -- telle au moins qu'elle a été théorisée depuis la fin du XIXème siècle. Les démiurges sont devenus des héros, qui sont devenus des stars, elles-mêmes transformées en vedettes de télé. Que le geste d'un Beethoven, d'un Duchamp ne soit plus possible aujourd'hui, doit-on le regretter ? Ou bien considérer finalement qu'un retour des divertissements à la Boccace, à la Marot, serait un souffle libérateur ?</div>]]>
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    <title>We Have ICE !!</title>
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    <id>tag:www.sens-commun.org,2008://1.10</id>

    <published>2008-06-20T12:29:13Z</published>
    <updated>2008-06-20T14:49:54Z</updated>

    <summary>Après la maxime d&apos;Armstrong en 1969, cette annonce faite via Twitter :« Are you ready to celebrate? Well, get ready: We have ICE!!!!! Yes, ICE, *WATER ICE* on Mars! w00t!!! Best day ever!! »Ainsi donc, on n&apos;a pas trouvé les...</summary>
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        <name>Michel Cadennes</name>
        
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        <![CDATA[Après la maxime d'Armstrong en 1969, cette annonce faite via Twitter :<div><br /></div><div><span class="Apple-style-span" style="font-weight: bold;">« Are you ready to celebrate? Well, get ready: We have ICE!!!!! Yes, ICE, *WATER ICE* on Mars! w00t!!! Best day ever!! »</span></div><div><br /></div><div>Ainsi donc, on n'a pas trouvé les petits hommes verts, mais c'est une grande dispute de ces dernières décennies qui trouve sa conclusion.</div><div><br /><div>C'est la première fois que l'on trouve de l'eau extra-terrestre et même si l'on ne sait pas très bien à quoi cela pourra servir, c'est tout un imaginaire qui s'entr'ouvre. Et si on allait trouver des petites bêtes pataugeant dans ces flaques ?</div><div><br /></div><div>[via <a href="http://blog.wired.com/wiredscience/2008/06/mars-phoenix-tw.html">Wired</a>]</div></div>]]>
        
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    <title>De l&apos;écrit (introduction)</title>
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    <id>tag:www.sens-commun.org,2008://1.5</id>

    <published>2008-04-12T11:58:08Z</published>
    <updated>2008-04-12T12:45:29Z</updated>

    <summary>Il y a des moments où différents fils s&apos;entremêlent, forment des nœuds, des « attracteurs ».C&apos;est souvent un signe que des choses sont dans l&apos;air, que des réflexions émergent à droite et à gauche. Ces derniers temps, il se trouve...</summary>
    <author>
        <name>Michel Cadennes</name>
        
    </author>
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="http://www.sens-commun.org/">
        <![CDATA[<p>Il y a des moments où différents fils s'entremêlent, forment des nœuds, des « attracteurs ».</p><div>C'est souvent un signe que des choses sont dans l'air, que des réflexions émergent à droite et à gauche. Ces derniers temps, il se trouve que j'ai lu ou entendu plusieurs sources qui me semblent converger. Chronologiquement, il s'agit de « Tristano meurt », un roman récent d'Antonio Tabucchi, de la « Pharmacie de Platon » l'essai initiateur de Derrida et des séminaires récents de Bernard Stiegler sur les vertus pharmacologiques des réseaux sociaux (je schématise brutalement), réflexion manifestement rattachée aux écrits de Foucault et Derrida. A tous ces éléments, on pourrait ajouter « l'affaire Fuzz » -- ou plus exactement l'affaire O. Martinez -- qui vient mettre en évidence le rôle particulier des algorithmes dans nos nouveaux modes de communication.</div><div><br /></div><div>Tous ces éléments du débat viennent finalement relancer, sous une nouvelle forme, la question de la dialectique de l'écrit et de l'oral, déjà introduite dans le « Phèdre » et qui est le sujet de l'essai de Derrida. J'aimerais, dans une série à venir, commenter et étudier ces questions car il me semble qu'Internet introduit effectivement de nouvelles dimensions dans le statut de l'écrit. Pour aller vite, je dirais que j'en vois deux manifestes, qui sont la dimension temporelle (le texte n'est plus gravé dans le marbre, si j'ose dire) et la dimension rhizomatique (le texte tend à devenir à un agrégat de « tags » qui se renvoient les uns aux autres).</div><div><br /></div><div>Ces phénomènes ne sont pas nouveaux en soi (ça me rappelle un cours de B. Stiegler à l'UTC sur « La chambre claire » de Barthes et la question de la transgression, transgression que l'on retrouve aussi dans l'électroacoustique), mais Internet a, d'une part étendu leur action à des nouveaux champs intellectuels, et d'autre part accentué démesurément leur pouvoir.</div><div><br /></div><div>C'est ainsi que l'on a vu reprendre un peu partout la notion de mème (formulation un peu étrange si l'on y songe), dérivée des travaux de Dennett et Minsky en sciences cognitives, et appliquée à la diffusion des idées sur le réseau. Le mème, de représentation (mentale ?), se transforme en sujet, tag par excellence, qui se propage (viralement) à travers le réseau et devient l'objet de la manipulation possible par les algorithmes des différents moteurs. C'est ainsi que la rumeur autour d'Olivier Martinez a pu devenir un mème (par le biais de Fuzz) provoquer la réaction judiciaire.</div><div><br /></div><div>S'il est bon de porter un regard critique sur ces questions (je ne parle pas ici de Virillio ou de Finkielkraut), c'est justement à cause de cette question du « pharmakon », ce qui est à la fois la source de la vie <span class="Apple-style-span" style="font-weight: bold;">et</span> de la mort, à l'instar du poison ou du feu.</div><div><br /></div><div>A suivre...</div><p></p>]]>
        
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    <title>Un nouveau départ</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.sens-commun.org/2008/03/un-nouveau-depart.html" />
    <id>tag:www.sens-commun.org,2008://1.2</id>

    <published>2008-03-17T20:29:52Z</published>
    <updated>2008-03-17T20:42:29Z</updated>

    <summary>Sens Commun est créé depuis un moment déjà. Jusqu&apos;ici, la nécessité d&apos;un site ne m&apos;avait pas paru évidente. Je ne suis pas convaincu que dans cette nouvelle ère du Web qui s&apos;ouvre, après l&apos;éblouissement de la découverte (la soupe primordiale),...</summary>
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        <![CDATA[Sens Commun est créé depuis un moment déjà. Jusqu'ici, la nécessité d'un site ne m'avait pas paru évidente. Je ne suis pas convaincu que dans cette nouvelle ère du Web qui s'ouvre, après l'éblouissement de la découverte (la soupe primordiale), un site « corporate » (sic !) soit encore d'une grande pertinence. On est entré dans l'ère de la contribution, sous une forme ou sous une autre. <div><br class="webkit-block-placeholder" /></div><div>Et c'est de cela que nous parlerons ici.</div>]]>
        
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    <title>Elegie</title>
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    <id>tag:www.sens-commun.org,2007://1.21</id>

    <published>2007-12-07T17:30:15Z</published>
    <updated>2010-01-13T17:55:59Z</updated>

    <summary><![CDATA[Karlheinz Stockhausen et mort. « Stock », on disait.&nbsp;De cette génération folle, beaucoup sont déjà devenus silencieux. Luciano Berio, le coloriste qui ne put jamais renoncer au bel canto ; Luigi Nono, le militant qui a fait du murmure, de...]]></summary>
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        <name>Michel Cadennes</name>
        
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        <category term="Musique contemporaine" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    <category term="stockhausen" label="Stockhausen" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#tag" />
    
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        <![CDATA[<p>Karlheinz Stockhausen et mort. « Stock », on disait.&nbsp;</p><p>De cette génération folle, beaucoup sont déjà devenus silencieux. Luciano Berio, le coloriste qui ne put jamais renoncer au bel canto ; Luigi Nono, le militant qui a fait du murmure, de l'extinction une irradiation ; John Cage, qui préféra de loin les champignons à la musique et renversa la statue du génie de son rire hors de soupçon ; György Ligeti, l'amoureux de micro-rythmes qui composa à la fin de sa vie des chefs-d'œuvre absolus pour le piano ; Iannis Xenakis, l'architecte du hasard qui aimait à se promener dans les nuages des sons ; Giacinto Scelsi, qui imposa ses déchirures de lumière aux orchestres et se sauva de la folie en harcelant son piano ; Morton Feldman, qui partageait tant avec M. Rothko et nous révéla que le monochrome illumine également la musique ; Mauricio Kagel, le magicien iconoclaste qui fit de la musique une grande farce subversive et virtuose ; et Ustvolskaïa la russe retranchée dans le silence, et Boucourechliev, le passeur humaniste à l'écriture d'araignée, et Partch qui construisit ses propres instruments, Cornelius Cardew l'anarchiste...&nbsp;</p><p>Tous ont cru en l'utopie que toute la musique restait à inventer, que nous avions besoin d'ouvrir tout grand nos oreilles pour entendre le monde. Ils nous ont appris que dans les dissonances s'exhalent des bouquets de rythmes inouïs. Ils nous ont fait comprendre combien le temps dans la musique classique européenne était pauvre. Ils nous ont dit Entrez dans le rêve, ne soyez plus cet automate pavlovien à qui on sert les mêmes sucreries, mais laissez-vous dérouter. Ils nous ont fait passer du psychologisme (post-)romantique à « la chose en soi » : la couleur, le temps, la densité, le geste, le même et l'autre, la vibration, le grain, la plasticité du son, etc.&nbsp;</p><p>Ils sont allé au bout de tout cela jusqu'au non-sens, jusqu'au silence, jusqu'au retour au classicisme, mais de ce bout ils ont tous ramenés des trésors (l'inachèvement n'est mesure de rien -- private@JiPi =,o)</p><p>Et dans cette folie (qui ne fut pas que joyeuse, mais une lutte aussi) Stockhausen fut un fou encore à part. Il fut le mystique pour qui la musique était en lien avec le cosmos, pour qui le temps et l'espace étaient la continuité l'un de l'autre. Il fut assez fou pour composer une œuvre avec quatre hélicoptères, essaya tout, travailla la musique comme un orfèvre et acquit la reconnaissance (comme Pierre Henry) de ceux qui ont fait de la musique électronique une expression populaire (au point qu'un groupe techno s'est baptisé "Stock &amp; Hausen" ). C'était un homme étrange et fantasque, capable d'affirmer qu'il avait été élevé sur Sirius, et qui s'est passionné pour les rites et les cosmogonies, transcrivant de manière très épurée les chants des Indiens d'Amérique du Nord (« Am Himmel wandre ich ») ; qui croyait à l'éternel retour, à la puissance de Luzifer, aux anges. Les grandes œuvres nous saisissent toujours à l'improviste et il faut avoir écouté le « Chant des adolescents » ou « Kontakte » ou encore « Kreuzspiel » pour éprouver comment la dynamique rythmique s'épanouit dans un espace, de manière étonnante. Le rythme crée l'espace. La lumière se fait musique. Toute la complexité est digérée pour ne plus laisser que l'évidence d'un lamento (« Adieu ») ou d'une pulsion tellurique et faunesque (« Zeitmasze »). Il qualifiait sa musique d'intuitive, mantrique, cosmique, hypertonale, mais sûrement pas d'intellectuelle.</p><p>Après Stock, il ne reste plus guère que Pierre Boulez et Pierre Henry pour témoigner de ces débuts exubérants. Ce n'est pas que l'imaginaire musical se soit éteint, mais il n'est plus autant admissible. L'époque est maintenant aux choses bien léchées, jolies, professionnelles, parce que... on vous l'avait bien dit que, au fond, personne ne supportait ces œuvres d'avant-gardistes aigris et sectaires. Ce n'est pas une légende qui disparaît ; un symbole d'une liberté jamais définitivement acquise va manquer ici-bas. Stockhausen, lui, est retourné sur Sirius continuer sa musique cosmique.&nbsp;</p><p>On n'avait sans doute pas connu un tel élan depuis l'Ars Nova, au XIVème siècle, avec Guillaume de Machaut qui fut peut-être le premier compositeur. C'est dire si on en a profité, si on s'est saoûlé de tout ce qui se présentait. Une page de l'histoire finit de se consumer (on le savait =,o) mais tout a changé. Comme l'Ars Nova, par la notation, avait permis aux amateurs de comprendre les règles de la musique, l'ordinateur fait aujourd'hui de chacun un compositeur potentiel. D'où viendra la Renaissance ?&nbsp;</p><h3>Coda&nbsp;</h3><p></p><ul><li>Le <a href="http://fboffard.free.fr/StockFlashF.html">Klavierstück X</a> de Stockhausen expliqué par le pianiste Florent Boffard</li><li>Si vous voulez écouter des vivants (il en reste !) : Helmut Lachenmann, Salvatore Sciarrino, Brian Ferneyhough (...plutôt une boisson d'homme, il faut reconnaître), Steve Reich, Louis Andriessen, Charlemagne Palestine (wow !), Paul Panhuysen (rare), Toshio Hosokawa, Tony Conrad, La Monte Young, Trevor Wishart (une vraie perle), Kristoff K. Roll, Frédéric Rzewski, Alvin Lucier, Pascale Criton, etc. etc. et j'en oublie des kyrielles, des jazzmen, des technoïdes, ...</li></ul><p></p>]]>
        
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